Simone Lucie Ernestine Marie Bertrand de Beauvoir est née dans le 6e arrondissement de Paris le 9 janvier 1908. Fille d’un avocat et d’une bourgeoise verdunoise, la future romancière démontre des capacités intellectuelles exceptionnelles dès son enfance. Quand sa famille souffre des séquelles de la guerre, la jeune Simone jure de s’acharner pour parvenir à ses fins, ce qu’elle fit  écrire, donner des conseils et combattre pour améliorer les conditions de la femme dans le monde.

Une romancière dans l’âme

La féministe a réveillé sa passion pour l’écriture à l’âge de 15 ans. Elle décide d’écrire et de devenir une auteure célèbre. Après l’obtention de son baccalauréat en 1925, la jeune militante arrache la deuxième place dans le concours d’agrégation de philosophie en 1929. Elle se situe derrière son futur amant Jean-Paul Sartre.

Elle enseigne pendant 10 ans avant de publier son tout premier œuvre manuscrit en 1943 : L’Invitée. C’est alors que commence l’apparition d’une série de livres à succès. En 1949 et en 1954 sortent respectivement deux œuvres emblématiques : Le Deuxième Sexe ainsi que Les Mandarins. Le premier livre condamne l’essentialisme qui tend à dévaluer la Femme. L’auteur veut combattre le cercle vicieux réduisant les femmes à l’état de maîtresse domestique, d’objet sexuel et de mère. Le Deuxième Sexe se divise en deux tomes et demeure, à ce jour, une référence dans la philosophie féministe. La romancière y offre ses conseils et encourage la solidarité entre les hommes et les femmes dans le but d’espérer une émancipation féminine. Le livre a récemment fêté son 70e anniversaire de publication.

Le livre « Les Mandarins » gagnera le prix Goncourt, comme le souligne le site www.lessaintsperes.fr. Il raconte les aventures d’un groupe d’intellectuels dans un contexte d’après-guerre.

Un autre roman intitulé Les inséparables a été publié le 15 octobre 2020. Le texte inédit raconte la relation complexe entre De Beauvoir et Zaza, de son vrai nom Élisabeth Lacoin. L’ouvrage autobiographique retrace l’éducation sexuelle et l’enseignement des deux amies tout au long de leur enfance jusqu’à la mort de Zaza à l’âge de 21 ans.

Une auteure engagée dans l’anticonformisme

Dès son jeune âge, Simone de Beauvoir a manifesté son refus catégorique des normes sociales. La jeune écrivaine s’est farouchement opposée à la voie toute tracée que lui propose sa mère. Cette dernière voulait inculquer les valeurs religieuses à ses deux filles Simone et Hélène. La relation conflictuelle entre Simone et sa mère commence alors. L’écrivaine de 14 ans cache son détachement envers l’Église et supporte de moins en moins le contrôle étouffant de sa mère.

Sa rencontre avec Jean-Paul Sartre va d’autant plus renforcer son détachement des standards sociaux. Les deux philosophes dotés d’une personnalité complexe et détachée ont collaboré à de nombreuses reprises. Au-delà d’un simple partenariat, ils ont noué des liens fusionnels anticonformistes. En 1929, Sartre et Beauvoir s’accordent sur un accord commun d’« amour nécessaire » tout en s’autorisant des « amours contingentes ». En d’autres termes, les amants se jurent un amour passionnel sans s’interdire des flirts de passages et des relations sexuelles sans lendemain avec d’autres individus.

Sartres lui demande sa main à maintes reprises, mais essuie des refus à chaque tentative. La femme libérée ne souhaite en aucune manière s’engager dans une forme d’emprisonnement. Elle s’étonne d’ailleurs de ces demandes de la part d’un homme qui prône la liberté de l’individu.

Durant sa carrière d’enseignante, Simone de Beauvoir tomba amoureuse de ses jeunes élèves, en l’occurrence Olga Kosakiewitcz et Bianca Bienenfeld. Cette dernière couchera dans l'écriture ses ressentis sur ses liaisons avec son professeur.

Une femme avide de découvertes et de rencontres

La jeune femme rêve secrètement de partir à la découverte du monde. Après ses succès littéraires, elle entreprend de nombreux périples, dans le cadre de sa carrière. En 1947, Beauvoir s’introduit sur le sol américain. Son voyage aux États-Unis lui insuffle l’idée d’écrire un autre roman : L’Amérique au jour le jour. Celui-ci sera publié chez Gallimard. L’ouvrage manuscrit adopte la forme d’un journal reconstitué. Il détaille l’inégalité sociale et dénonce le racisme qui règne dans la société américaine à l’époque. Durant son voyage, l’écrivaine en profite pour visiter le Mexique.

Simone de Beauvoir parcourt le continent africain de 1932 à 1954, à l’époque où l’Afrique est sous la domination de la colonie française. L’auteure fait aussi la découverte du Maroc, de Tunis, du Sahel, de l’Algérie et de l’Afrique noire.

En 1955, le couple Sartre-Beauvoir se rend en Chine, en réponse à une invitation du gouvernement maoïste. Les deux philosophes se dirigent ensuite en Amérique latine en février 1960, précisément à Cuba. Ils y font la connaissance de Fidel Castro. Puis, ils échangent avec plusieurs chefs révolutionnaires, dont Che Guevara. En octobre 1966, la romancière séjourne deux mois au Brésil.

Une activiste féministe et libre-penseuse

La féministe contemporaine n’a pas de cesse de promouvoir le droit de la femme au sein de la société. À travers ses livres, l’écrivaine condamne la place qu’a prise la femme à cause de sa nature « faible ». Aussi, elle encourage la gent féminine à se libérer de ses chaînes et à devenir maître de sa propre vie.

Son œuvre manuscrite Le Deuxième Sexe a été l’élément déclencheur d’une vague d’émancipations féminines. Le droit de vote des femmes, promulgué 5 ans plus tôt, a été renforcé. Désormais, les femmes possèdent des droits égaux à ceux des hommes. Néanmoins, ses œuvres ont suscité des mécontentements. Les hauts dirigeants masculins les qualifient de « charabias » d’une bourgeoise. Elle s’est attiré les foudres des personnalités religieuses à cause de sa lutte pour le droit à l’avortement.

Malgré les menaces, les critiques destructives et les attaques contre elle, l’icône du féminisme contemporain a poursuivi son combat avec fermeté jusqu’à sa mort. Ses conseils envers les femmes sont de continuer le combat contre la passivité des droits féminins, la liberté de choisir et la liberté de pensée.